VŒUX de la Garnison de Haguenau

 

 

 

                        Haguenau - Défense « Une montée en puissance »

 

Dans un contexte international « dangereux et imprévisible », l’engagement opérationnel des armées a été intense l’année dernière et le sera encore cette année. Un constat du colonel Lambert lors des vœux de la garnison militaire de Haguenau.

 

La place d’armes de Haguenau s’est fortement restructurée ces dernières années, devenant au fil du temps une place forte du renseignement. Ce qui ne change pas en revanche, c’est le rendez-vous que son commandant donne en début d’année aux personnalités civiles et militaires du territoire pour leur présenter les vœux de la garnison. Le dernier en date était fixé jeudi soir dans une salle de réception du quartier Estienne au Camp d’Oberhoffen par le colonel Dominique Lambert, chef de corps du 28e groupe géographique et commandant de la place d’armes de Haguenau. Ce dernier s’est également adressé à ses invités au nom du colonel Hubert Brumel-Jouan, commandant du 2e  régiment de hussards et du lieutenant-colonel Bruno Demanet, représentant le colonel Laurent Duranti, patron du 54e régiment de transmissions.

 

Et comme de tradition, le patron de la place d’armes haguenovienne a dressé « un panorama des grandes évolutions » que connaissent les armées en général et l’armée de terre en particulier. « L’année 2017 a été marquée par un engagement opérationnel qui est resté à un niveau important », a souligné le colonel. Des interventions menées sur le territoire national dans le cadre de l’opération de sécurisation Sentinelle et hors de nos frontières, dans la bande saharo-saharienne, au Proche et au Moyen-Orient, dans l’océan Indien… 20 000 hommes et femmes de l’armée de terre ont été impliqués en 2017 dans ces opérations intérieures et extérieures auxquelles les militaires issus des unités de Haguenau ont également contribué (lire l’encadré).

 

200 recrutements en 2018

 

Un « contexte international plus que jamais dangereux, instable et imprévisible » a nécessité le maintien d’un « niveau d’ambition élevé dans tous les domaines » et un « modèle d’armée complet et équilibré ». Aucun relâchement n’est prévu en 2018, bien au contraire : « Cela devrait être une année de montée en puissance. Elle marquera une inflexion significative dans le redressement de l’effort de défense voulu par le président de la République ». Objectif pour les forces terrestres : « rester la première armée européenne » en s’appuyant sur un « modèle complet », c’est-à-dire « capable d’entrer en premier sur un théâtre d’opération, de durer et d’établir un rapport de force favorable face à tous spectres de menaces ». Pour ce faire, les soldats se doivent d’être parfaitement préparés et dotés d’équipements de « 4e génération ». Des engins « dotés d’un niveau de protection de haute qualité, capables de pratiquer le combat interarme et qui permettent de partager en temps réel une information actualisée », a précisé le colonel.

 

Le commandant de la garnison a aussi mis l’accent sur le recrutement. Vingt mille jeunes sont recrutés chaque année dont près de 15 000 rien que pour l’armée de terre. « En 2017, nos trois régiments ont recruté 240 militaires du rang soit près de 12 % de leurs effectifs, a-t-il observé. En 2018, nous avons un objectif de 200 recrutements. » Des jeunes pouvant évoluer au sein d’une institution qui tient particulièrement à son « rôle d’ascenseur social » : « 47 % des sous-officiers seront recrutés parmi les militaires du rang et ces derniers représentent 33 % de la dernière promotion d’officiers de recrutement interne », a illustré le colonel Lambert.

 

« L’armée n’est rien sans ses hommes et ses femmes », a insisté l’officier. À cet égard, il a rappelé que l’armée de terre présentait le taux de féminisation le plus élevé d’Europe, soit 12 %. Localement, au 54e régiment de transmissions et au 28e groupe géographique, ce taux culmine à 20 %.